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Par Laurier De Lachevrotière, radio communication 1967

Nous nous sommes rendus, en décembre 1967, au port de Maracaibo au Vénézuela. Il fait 32°C à l'ombre et au moins 42°C au quai. Nous y avons séjourné seulement 18 heures, le temps de recharger le pétrolier. Personne n'avait le droit de débarquer et d'aller visiter le pays à cause des lois d'immigration. Par chance, le chef cuisinier m'avait donné sa commande d'épicerie et, deux jours avant notre arrivée, je l'avais expédiée en morse via radiogramme à l'agence du port. Ça se faisait comme cela à l'époque, et à notre arrivée au port, tous les produits frais étaient livrés à bord du navire. Il y avait une loi internationale des télécommunications qui disait qu'il était interdit de transmettre ou de recevoir des messages en code morse lorsque le navire était attaché au port, pour éviter toutes interférences avec les communications portuaires.

Au large du Vénézuela, un autre radiogramme m'attend sur haute fréquence de la station côtière de Portishaid, radio d'Angleterre. Il y a beaucoup de statique, mais je réussis à capter le message qui nous informe d'aller décharger le fuel à Amsterdam. Je m’empresse alors de remettre le télégramme au capitaine. Il est certain que nous allons passer Noël en Hollande car nous sommes déjà le 16 décembre 1967. Je suis bien excité de visiter ce pays si loin de Ste-Anne de la Pérade ! « Les vieux pays » comme disait ma mère Majella !

La routine se réinstalle à bord : je suis devenu très à l'aise avec l'opération de mon équipement radio. J'avais un récepteur radio appelé « auto-alarm » qui captait les appels de détresse quand je n'étais pas en devoir et qui actionnait une sonnette d'alarme dans ma cabine. Il y en avait toujours un qui était en détresse, mais, dans 99,9% des cas, les bateaux étaient beaucoup trop éloignés de nous et nous ne pouvions être d'aucun secours.

Ce qui est hallucinant en mer est qu’on réalise vraiment que la terre était est ronde ! On peut voir par temps clair à des centaines de milles marins et on voit la courbe à l'horizon, assez impressionnant ! Je reçois quatre bulletins météo par jour et le temps est au beau fixe. Sur la mer, il ya toujours des vagues de 6 à 12 pieds, mais le bateau demeure stable.

Enfin, nous arrivons à Amsterdam par les canaux intérieurs le 24 décembre à midi ! Je suis bien anxieux de visiter cette ville européenne qui semble si intéressante au point de vue historique. Vers les 17h00, avec quelques autres membres d'équipage, nous décidons d'aller visiter cette ville grandiose : en premier lieu, nous allons dans un pub bien sympathique où on ne sert que de la bière et des clams. À noter que les marins lèvent le coude assez fort : c’est inimaginable la quantité de bière qui s'ingurgite dans ce bar !

Les gens de la place sont bien gentils et avenants à notre endroit et les Hollandaises sont belles à croquer. C'est la veille de Noël et tous les gens sont en fête ! Par la suite, nous allons souper dans un resto typiquement hollandais avec beaucoup de vin, un steak-frites et tous commencent à être un peu ivres.

Par la suite, ces vieux marins décident d'aller me faire visiter le « red light district ». Tout le monde a un sourire narquois aux lèvres et moi, je n'ai aucune idée de ce qui m'attend…

NOTE : Les Britanniques ont finalement vendu ce navire, le « CEUTA » aux Japonais à Amsterdam. Ils m’ont renvoyé au Canada par avion.

Laurier de Lachevrotière

 

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